Économie 2017 : à quoi s’attendre ?

économie canadienne
By Marketing team
février 04, 2017Articles

L’année 2016 est déjà plus d’un mois derrière nous. Ce fut une année fébrile pour l’économie, jalonnée d’événements marquants comme le référendum sur le « Brexit », l’élection, inattendue pour plusieurs, du président républicain Donald Trump et les malheureux attentats terroristes dans le monde, notamment à Berlin et à Nice. Certains de ces événements auront influencé, à leur façon, la performance économique du Canada et la RBC estime que la croissance économique aura été de 1,3 % pour 2016. Aussi faible soit-elle, cette progression du produit intérieur brut (PIB) est encore en majeure partie attribuable à la consommation des ménages.[1] La conjoncture favorable a contribué entre autres à la hausse des dépenses de consommation et des ventes de maisons. Maintenant, à quoi s’attendre pour 2017?

Malgré les incertitudes politiques et les conflits internationaux, l’économie mondiale devrait croître de 3,4 % en 2017, soit 0,3 % de plus qu’en 2016. À l’échelle nationale, le dernier rapport « Perspectives économiques RBC » publié le 16 décembre 2016 prévoit une croissance du PIB réel de 1,8 % en 2017[2]. Avec les nouvelles modifications apportées à l’Allocation canadienne pour enfants, en vigueur depuis le 1er juillet dernier, le revenu disponible devrait progresser dans la prochaine année, ce qui alimentera la croissance des dépenses. De plus, les mesures budgétaires expansionnistes du gouvernement Trudeau s’ajouteront à l’effort de relance économique. La remontée des prix de l’énergie devrait aussi favoriser les investissements des entreprises de ce secteur. Au Québec, la hausse du salaire minimum annoncée par le gouvernement Couillard pourrait contribuer à augmenter le revenu de plusieurs ménages. Par contre, l’économiste Pierre Fortin souligne que « chaque hausse de 1 % du rapport entre le salaire minimum et le salaire moyen entraînerait une baisse estimative de 8 000 emplois au Québec. »[3] Ainsi, si le salaire moyen augmente à un rythme comparable à celui du salaire minimum, les effets négatifs pourraient être estompés.

Le huard, qui se stabilise pour l’instant, devrait se déprécier légèrement en 2017. Le redressement attendu du prix du pétrole devrait exercer une pression à la hausse sur le dollar tandis que l’augmentation des taux d’intérêts aux États-Unis viendra agir en sens contraire. Après un passage sous les 0,72 $US au début de 2016, le dollar canadien semble actuellement se stabiliser près des 0,76 $US et pourrait peut-être perdre un peu de vigueur dans les prochaines semaines ou prochains mois[4].

Les provinces productrices de pétrole, dont l’Alberta, pourraient voir leur économie se redresser et afficher une croissance modérée semblable à celle de l’ensemble du pays. Par contre, Terre-Neuve-et-Labrador pourrait connaître une certaine contraction économique. En effet, suite à la décision du gouvernement de poursuivre une politique fiscale austère et restrictive, soit en haussant les taxes et impôts des particuliers dans le but de réduire les déficits[5], la croissance pourrait ne pas être au rendez-vous pour 2017.

Chez nos voisins du Sud, le taux de croissance du PIB pourrait atteindre 2,3%. Les mesures de relance budgétaire qui devraient être mises de l’avant par la nouvelle administration Trump viendront mousser cette progression. Les augmentations de salaires dans plusieurs états, et les gains du côté des emplois, favoriseront la hausse des dépenses de consommation.

Par contre, les politiques économiques protectionnistes américaines pourraient nuire à la croissance à moyen terme. L’imposition de tarifs élevés sur les produits importés aux États-Unis viendrait hausser les prix, ce qui serait dommageable pour le consommateur. Un sondage[6] adressé aux plus grands économistes américains démontre que ces derniers sont presque unanimes sur le fait que le libre-échange soit bénéfique pour la société. En effet, 95% des répondants soutiennent que le protectionnisme réduit le bien-être économique.[7]  Bien que certains agents économiques puissent être désavantagés, globalement, le surplus social est augmenté. Tel que le souligne Mathieu Bédard, économiste à l’Institut Économique de Montréal, « la libéralisation des échanges entraîne des bénéfices durables malgré certains désagréments à court terme. C’est l’une des conclusions incontestables de l’analyse économique, partagée par la presque totalité des économistes. Le libre-échange augmente le bien-être dans les pays concernés grâce à une baisse des prix et à des gains d’efficacité. »[8] En stipulant seulement que des emplois ont été perdus dans le secteur manufacturier aux États-Unis, le président Trump oublie certainement que les ressources ont été allouées vers des entreprises et des secteurs plus efficaces, produisant des biens et services à plus grande valeur ajoutée. S’isoler économiquement, c’est restreindre notre marché. « Si Donald Trump veut négocier a better deal pour les États-Unis, ce devra forcément être un traité qui libéralise encore davantage les échanges. »[9] En signant un décret ayant comme objectif de se désengager de l’Accord de partenariat transpacifique (TPP signé le 4 février 2016 à Auckland en Nouvelle-Zélande), et en prônant son désir de renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), le nouveau gouvernement américain semble, malgré le désaccord exprimé par la communauté des économistes américains, vouloir mettre de l’avant ses mesures protectionnistes strictes.

Pour les entreprises de financement comme Hitachi Capital Canada, ces prévisions peuvent orienter les dirigeants quant aux différentes stratégies qui devraient être priorisées et mises de l’avant. Le taux cible de financement à un jour de la Banque du Canada devrait rester inchangé pour 2017 et sera haussé pour la première fois en 2018, selon la RBC. Avec des taux historiquement bas, les entreprises de financement misent généralement sur le volume des prêts afin de contrer les effets négatifs des baisses de revenus de prêts. Voyant la hausse des investissements des entreprises, les institutions financières y verront une opportunité d’augmenter le nombre de prêts octroyés. Ces entreprises devront alors s’adapter au marché afin de demeurer compétitives et éviter une perte de profits.

Dans les prochains mois, il faudra suivre le dossier de l’ALÉNA (l’état-major du gouvernement Trudeau est d’ailleurs très actifs sur ce front par les temps qui courent) et aussi celui du bois d’œuvre. Les États-Unis sont un marché important pour le bois canadien qui représente près de 35% de la consommation américaine (un marché de plus de 6 milliards de dollars pour les industries canadiennes). Pour le Québec, ce sont 60 000 emplois qui sont directement concernés. Si des restrictions aux exportations vers les États-Unis sont imposées (droits de douane pouvant s’élever à 25%[10], possiblement d’ici la fin mars 2017), l’impact ne sera pas négligeable sur l’industrie et sur ses investissements en équipements.

[1] http://www.tvanouvelles.ca/2016/12/16/rbc-prevoit-une-croissance-plus-forte-en-2017

[2] http://www.rbc.com/nouvelles/news/2016/20161216-econfcst-ntl.html

[3] https://www.travail.gouv.qc.ca/fileadmin/fichiers/Documents/regards_travail/vol07-01/Salaire_minimum_pauvrete_emploi_compromis.pdf

[4] http://www.rbc.com/nouvelles/news/2016/20161216-econfcst-ntl.html

[5] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/775906/acadie-budget-terre-neuve-labrador

[6] http://www.igmchicago.org/surveys/free-trade

[7] http://www.iedm.org/fr/62401-les-vertus-du-libre-echange-science-ou-pas

[8] http://www.iedm.org/fr/62237-le-libre-echange-trump-nous-trompe

[9] http://www.iedm.org/fr/62237-le-libre-echange-trump-nous-trompe

[10] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1004656/bois-oeuvre-inquietude-conflit-commercial