Les reprises de finances : une bonne affaire ou non ?

Reprises de finances
By Marketing team
juin 05, 2020Articles

Avec le ralentissement économique observé au cours des derniers mois, qui fut accentué par la COVID-19, plusieurs entreprises de tous les secteurs de l’économie ont mis sur la glace leurs projets d’investissement. L’incertitude quant à la reprise est difficile à prédire, car nous sommes présentement en terrain inconnu : aucune des récessions précédentes n’a eu l’ampleur de celle-ci. Conséquemment, il est difficile pour des économistes de prédire ce qui arrivera dans les prochains mois.

En 2020, les créanciers spécialisés en financement d’équipements doivent traiter avec des milliers de demandes de moratoires et, malheureusement, une hausse importante des remises volontaires et faillites. Conséquemment, ils ont plusieurs actifs à vendre. Est-ce le temps d’en profiter ?

Pour bien répondre à cette question, il faut évaluer plusieurs aspects, donc voici un sommaire.

Prix de l’actif :

Bien entendu, le prix de vente doit être intéressant. Si le client peut se procurer un actif pour moins cher ou à prix similaire d’un concessionnaire, souvent accompagné d’une courte garantie, il choisira fort probablement cette option. Les compagnies de financement affichent souvent un prix demandé, mais ce dernier est souvent rarement le prix auquel la vente aura lieu. Il est important de négocier le prix, mais il ne faut pas oublier qu’un créancier n’acceptera pas n’importe quelle offre. Il aura intérêt à être patient et attendre d’avoir un acheteur sérieux qui offre un montant près du prix de vente qu’il estime. Lors du processus de reprise de l’actif, la plupart des créanciers feront évaluer l’actif. Cette évaluation peut être faite par un évaluateur indépendant, une évaluation interne, ou avec des comparables de sites de reventes en ligne, tels des encans d’équipements. La période de temps écoulée depuis la reprise de l’actif pourrait inciter un créancier à négocier davantage. Si l’actif est à vendre depuis 6 à 12 mois, il voudra probablement accepter une offre inférieure, tout dépendant du nombre d’offres qu’il a reçu. Cependant, si l’actif vient tout juste d’être disponible pour revente, il se peut que le créancier soit plus patient, tout dépendant évidemment de sa position sur l’actif. 

Financement :

Le créancier qui veut aider à mieux revendre un équipement aura intérêt à être plus souple sur le financement proposé à un éventuel acheteur. Bien que certains créanciers ne sont pas très ouverts à l’idée de financer un actif qu’ils ont repris, la réalité est qu’un bon financement peut aider dans la négociation avec un acheteur sérieux. Par exemple, offrir un terme plus long que la moyenne pourra faire bénéficier à l’acheteur d’un paiement mensuel réduit, ce qui pourrait augmenter l’attrait de l’équipement à ses yeux. Offrir un taux d’intérêt avantageux ou des modalités spéciales (ex. aucun paiement en capital pour les trois premiers mois) peut aussi séduire un acheteur éventuel. Un taux réduit peut représenter des milliers de dollars en économies d’intérêt sur le terme, ce qui rend l’actif plus intéressant aux yeux d’un acheteur potentiel.

État de l’équipement :

Ce point est souvent celui qui est le plus variable. Un client peut avoir eu des difficultés financières pendant un bon moment et avoir négligé l’entretien de son équipement avant de le remettre au créancier. Par contre, il peut arriver que tous les entretiens normaux aient été faits et que l’actif soit récent, par exemple, dans un cas où un client décède subitement. Dans ce cas, il peut être dans une très bonne condition. Nous recommandons aux acheteurs de faire leurs devoirs et de procéder à une inspection rigoureuse sur l’actif avant de procéder à l’achat. Dans plusieurs cas, le créancier aura fait faire un rapport sur l’état de la condition de l’équipement par un tiers indépendant. Ce genre de rapport fournira en général l’état des diverses composantes (ex. état des pneus pour un camion, état de la traction pour une excavatrice, nombre d’heures, etc.). Dans la négociation avec le créancier, l’acheteur peut demander que certaines réparations soient effectuées avant qu’il ne prenne possession de l’équipement. Ce sera alors au créancier à déterminer si les réparations requises représentent un bon retour sur investissement, si cela aide à obtenir un meilleur prix.

Disponibilité de l’équipement :

Un client ayant besoin rapidement d’un équipement sera généralement prêt à payer plus cher s’il peut y avoir accès rapidement et qu’il y a peu d’autres alternatives sur le marché. Commander un actif neuf peut souvent être une question de plusieurs mois d’attente, donc l’équipement repris par un créancier peut être une belle alternative.

Pour conclure, il y aura dans les prochains mois plusieurs opportunités d’acheter des « reprises de finance ». Plusieurs créanciers affichent ces actifs sur leur site web, ou par des agents qui ont le mandat de revendre pour eux. Nous recommandons aux entrepreneurs de faire leurs devoirs et espérons que ces quelques lignes aideront dans leur prise de décision.